Epargne salariale : c’est le bon moment !

Épargne salariale : c’est le bon moment !

Entretien avec Jean-Christophe Benzo, directeur général de Groupama Épargne Salariale et membre de la DFCG

Publié le 24 mars 2021.

Dans le cadre de la Semaine de l’Épargne salariale (dont la DFCG est partenaire), nous avons le plaisir d’interviewer Jean-Christophe Benzo, Directeur Général de Groupama Épargne Salariale, et membre de la DFCG. Il nous présente les nouveautés en matière d’épargne salariale, et rappelle ses nombreux atouts, tant pour l’entreprise que pour les salariés.

Etant donné le contexte, est-ce le bon moment pour mettre en place de l’ES ?
Oui car s’il est vrai qu’on vit actuellement une période très particulière, l’épargne salariale garde de nombreux atouts, et bien utilisée, elle peut être un excellent outil de reprise.
 
Tout d’abord il faut noter que les cotisations sociales payées par l’entreprise sur les montants versés aux salariés sont très faibles depuis la loi PACTE (2019) :
- Aucune cotisation sociale pour les pour entreprises de moins de 50 salariés
- 0% sur les primes d’intéressement pour les entreprises de moins de 250 salariés
- Entre 16 et 20% dans les autres cas.


Indépendamment de la taille de l’entreprise, les bénéficiaires qui placent ces primes ne payent aucun impôt (ni à l’entrée ni à la sortie, ni sur les plus-values), hormis la CSG/CRDS.
 
Par ailleurs, ces dispositifs peuvent être ouverts dès le premier salarié, et le chef d’entreprise de PME (-250 salariés) peut également en bénéficier, même s’il n’est pas salarié !

Est-ce qu’il y a eu des mesures récentes en épargne salariale ?
Dans un contexte de crise sanitaire, la continuité et le soutien de l'activité des entreprises sont au centre des préoccupations du Gouvernement. L’objectif est clair : encourager un meilleur partage de la valeur et mieux associer les salariés aux résultats de l’entreprise, et cela passe par l’épargne salariale. Ainsi, des mesures visant à faciliter l’accès à l’épargne salariale et simplifier sa mise en place dans les TPE, particulièrement impactées par la crise sanitaire, ont été promulguées.
 
Tout d’abord, il est désormais possible pour une entreprise, d’adhérer à un plan d’épargne salariale interentreprise par décision unilatérale. Concrètement, cela permet aux employeurs de TPE qui ne disposent pas de délégué syndical ou de CSE de mettre en place rapidement un dispositif d'épargne salariale. Ce qui n’exclut pas, bien évidemment, d’en parler avec l’ensemble des salariés dans un bon esprit de dialogue social.
 
Ensuite, il est aujourd’hui possible de mettre en place un accord d'intéressement pour une durée d’un an (contre 3 ans auparavant). Ainsi, un chef d’entreprise (quelle que soit la taille de l’entreprise) pourra tester le principe d'intéressement sur une durée plus courte, avec des objectifs mieux adaptés au contexte économique actuel.

Est-ce que le PER Collectif issu de la loi Pacte rencontre un grand succès ? Quels sont ses atouts ?
Rappelons qu’aujourd’hui les salariés peuvent effectuer des versements dans deux types de plan : le PEE (Plan d’Épargne Entreprise) et le PER Collectif (Plan d’Épargne Retraite Collectif).
 
Les sommes placées dans un PEE sont bloquées cinq ans mais plusieurs cas de déblocage existent dont le mariage, la naissance du troisième enfant, le départ de l’entreprise, l’achat de la résidence principale, etc.
 
Les sommes placées dans un PER Collectif sont quant à elles bloquées jusqu’à la retraite avec moins de cas de déblocage. Un cas est toutefois particulièrement intéressant : l’acquisition de la résidence principale.
 
Un des atouts du PER Collectif, et non des moindres, c’est que les versements provenant de l’épargne personnelle de l’épargnant peuvent être déductibles de ses revenus imposables. Par exemple si je verse 3000 € sur mon PER Collectif et que mon TMI (Taux Marginal d’Imposition) est de 30 % alors j’économise 900 € d’impôt.
 
Cette somme est déblocable à la retraite, hors cas de déblocages anticipés (comme l’achat de la résidence principale). À la sortie, ces sommes sont imposables mais souvent avec un TMI inférieur à celui qui prévalait en période d’activité.
 
Enfin, le PER Collectif est le seul Plan d’Epargne Retraite où l’entreprise peut verser un complément sous la forme d’un abondement qui peut représenter jusqu’à 300 % des sommes versées. (NB : certains plafonds s’appliquent).
 
Ainsi, grâce à tous ces atouts, le PER Collectif rencontre un grand succès : à fin 2020, il comptabilise 1,15 millions de titulaires, pour 8 milliards d’euros d’encours. 16 500 entreprises l’ont mis en place en 2020, gage que ces nombreux avantages sont désormais bien intégrés par les entreprises et les épargnants. (source AFG)

En cette période très particulière (télétravail, activités à l’arrêt ou en développement), est-ce que les dispositifs d’épargne salariale peuvent jouer un rôle dans l’entreprise ?
Les dispositifs d’épargne salariale – et notamment l’intéressement – permettent de fédérer et motiver les équipes autour d’objectifs communs. Ils peuvent permettre de récompenser les collaborateurs qui ont été fortement sollicités pendant la crise sanitaire, ou de les remotiver si l’activité a été freinée.
 
Au-delà de remotiver les salariés, l’épargne salariale offre d’autres avantages qui peuvent être utiles dans le contexte actuel. Par exemple, les salariés ont la possibilité de convertir en euros jusqu’à dix jours de congé dans leur PER Collectif. Pour les salariés cela constitue une épargne sans effort financier, et pour les entreprises dont les salariés accumulent les congés en ce moment, cela diminue leur passif social. Il s’agit donc là aussi d’un mécanisme gagnant-gagnant.

Quid de l’intéressement ?
De nombreuses entreprises ont eu des difficultés en 2020. Mais des perspectives de reprise sont envisageables en 2021. Toutefois, dans un contexte incertain il faut arriver à mobiliser les salariés sans pour autant mettre à risque l’équilibre financier de l’entreprise.
 
Le dispositif d’intéressement est tout indiqué. En effet c’est un mécanisme très avantageux fiscalement et socialement pour l’entreprise et les salariés qui va permettre un partage de la valeur créée.
 
Pour cela on s’appuie sur un accord passé avec les salariés fondés sur un ensemble d’indicateurs : chiffre d’affaire, satisfaction client, taux de défaut sur une chaine de production, réduction des impayés, recouvrements, etc. Ces indicateurs sont associés à des objectifs qui, lorsqu’ils sont atteints, déclenchent une prime.
 
L’avantage de ce dispositif est qu’il peut être cadré : un montant (ou un pourcentage) maximum peut être défini et, dans le cas où le succès attendu ne serait pas au rendez-vous, les primes envisagées ne seront pas versées. C’est donc un dispositif gagnant/gagnant qui permet aux employés de bénéficier de primes en cas d’atteinte des objectifs. Si les indicateurs sont bien définis et compris par les salariés cela peut devenir un véritable outil de motivation et de cohésion.
 
Il faut mettre en place un accord d’intéressement avec les salariés au cours des six premiers mois de l’exercice. Donc en pratique pour les sociétés qui clôturent au 31 décembre il faut avoir signé cet accord au plus tard le 30 juin.

Ces dispositifs sont-ils compliqués à mettre en œuvre ? Comment procédez-vous chez Groupama Epargne salariale ?
Nos offres sont proposées aux entreprises quelles que soient leur taille et leur secteur d’activité et sont majoritairement distribuées par les Caisses régionales de Groupama, mais aussi par les réseaux Gan Assurances, Gan Eurocourtage et Gan Prévoyance. Groupama Épargne Salariale, c’est 15 600 entreprises clientes, 131 000 épargnants et plus de 1,5 milliards d’encours.
 
Les compétences, le professionnalisme et la réactivité de nos commerciaux sont des facteurs clés de succès et de performance. Nous développons en permanence de nouveaux outils (programmes de formation innovants et modulables, outil de diagnostic en ligne, vidéos, simulateurs…) permettant aux équipes commerciales de proposer un conseil optimal. Car lorsque l’entreprise est bien accompagnée, mettre en place de l’épargne salariale c’est très simple !
 
Nous croyons également fortement à la pédagogie nécessaire autour de ces dispositifs, tant pour les salariés que pour les chefs d’entreprise. Nous avons mis à disposition des salariés de nombreux outils leur permettant de se renseigner sur le sujet mais également d’anticiper leurs futurs besoins à la retraite grâce à des simulateurs ou de réaliser des bilans retraite personnalisés. Quant aux chefs d’entreprises, nous les accompagnons dans la valorisation des dispositifs mis en place en les aidant à réaliser des Bilans Sociaux Individualisés pour chacun de leurs salariés.
 
Avec ses nombreux avantages fiscaux et sociaux, nous avons la conviction que l’épargne salariale est un véritable outil pour accompagner la reprise économique, qui bénéficie à la fois à l’entreprise et aux salariés.
 
Bref, c’est le bon moment pour s’intéresser à l’épargne salariale !