« Faire vivre le débat au sein de la communauté financière »

Interview d’Emmanuel Millard, président de la DFCG

Depuis le 1er janvier 2021, Emmanuel Millard est le nouveau président de la DFCG. Directeur général adjoint en charge des fonctions supports et des finances de Coallia, il succède à Daniel Bacqueroët, vice-président finance de Brink’s Global Services. Avec pour objectif affiché : renforcer la présence des 15 régions ainsi que les échanges et la collaboration avec les groupes transversaux et thématiques.

Interview réalisée le 11 janvier 2021.

 Emmanuel Millard, à quand remonte votre engagement au sein de la DFCG ?

J’ai connu la DFCG dans les années 1990, lorsque j’étais étudiant en finances-gestion. Elle représentait pour moi la communauté de référence des professionnels de la finance d’entreprise. J’ai donc adhéré assez naturellement au début des années 2000. A partir de 2003, après avoir débuté ma carrière chez Arthur Andersen puis dans le secteur bancaire, j’ai rejoint le secteur public, le ministère des affaires étrangères, puis la direction du Budget puis la direction financière d’un opérateur de l’Etat important, Universcience. Je me suis donc tourné vers le groupe service public de la DFCG. J’ai été invité à participer à des groupes de travail et je me suis vraiment pris au jeu. C’est de cette manière que j’ai pu m’impliquer dans l’organisation et le fonctionnement de l’association, d’abord en participant au bureau du groupe service public puis en assumant sa présidence.

Vous avez donc un parcours à la fois public et privé ?

Absolument. Lorsque je suis devenu chef de la mission performance de la gestion publique et opérateurs de l'Etat au ministère du Budget, c’est toute l’expérience acquise dans la sphère privée que j’ai pu mettre au service de l’Etat. Et, je suis résolument convaincu de l’intérêt de bâtir des ponts entre public et privé.
En ce sens, notre groupe s’est fortement impliqué dans l’élaboration de la loi de transformation de la fonction publique d’août 2019. Elle a permis d’ouvrir des postes aux cadres supérieurs du secteur privé. Il faut désormais en suivre la mise en œuvre. J’ai pour cela demandé au cabinet de la ministre de la transformation publique un premier bilan à ce jour. Et, en contrepoint, prêter main forte à nos collègues du secteur public qui occupent des fonctions de gestion à se reconvertir dans le privé.

Qu’est-ce qui a motivé votre candidature à la présidence de la DFCG ?

Participer au bureau exécutif depuis 2013 m’a permis d’acquérir une certaine expérience du fonctionnement de la DFCG, de la manière dont nous pouvions être utiles à nos membres, et également à l’économie dans son ensemble. Je saisis l’occasion pour saluer le travail de mes prédécesseurs qui ont fait de la DFCG ce qu’elle est aujourd’hui et dans le pas desquels je souhaite m’inscrire. Avec une pensée toute particulière à Daniel Bacqueroët qui m’a transmis le flambeau le 1er janvier.
Ce sont les circonstances que nous traversons qui m’ont convaincu de m’engager plus avant. Pour surmonter cette crise, notre pays a besoin de l’engagement de chacune et chacun à notre niveau. Et je crois que la DFCG a toute sa place pour contribuer à la relance de notre économie dans les mois qui viennent après une année très compliquée.

Lors de votre prise de fonction, vous avez insisté sur le rôle des financiers d’entreprise durant cette crise.

On n’insistera jamais assez sur le rôle crucial des financiers d’entreprise. Si les membres de notre profession sont souvent discrets, ils agissent sans relâche pour ajuster en permanence les prévisions en fonction des circonstances et permettre ainsi à la direction générale de prendre les bonnes décisions pour sauvegarder l’activité et les emplois. Ils sont à la barre depuis mars 2020 pour gérer au mieux la trésorerie et trouver des sources de financement qui permettront à leur entreprise de repartir et d’aller de l’avant. Ils ont également été à la manœuvre pour soutenir la transformation numérique à marche forcée auxquelles ont été contraintes nombre d’entreprises.
Ce sont des praticiens et ils ont beaucoup à dire pour trouver les meilleures solutions et pour évaluer l’efficacité des dispositifs d’aides mis en place.

En quoi la DFCG peut-elle appuyer l’action quotidienne de ses membres ?

La DFCG, c’est une communauté forte de plus de 3 000 membres, rassemblant plus de 35 000 participants, intervenants… à nos travaux et évènements. Ce qui en fait le premier réseau de financiers d’entreprise en France. Pour traverser une telle période, soudaine et inédite, il est préférable de pouvoir s’appuyer les uns sur les autres, de partager son expérience, ses problématiques et ses solutions.
Dans de telles circonstances, c’est le partage des meilleures pratiques qui permet de gagner du temps, de l’efficacité et de s’en sortir. On appelle cela l’intelligence collective. C’est très énergisant de pouvoir s’appuyer sur des pairs par nature bienveillants. C’est ce qu’offre la DFCG : un lieu de rencontre et de partage. De cette manière, nous pouvons porter les problématiques rencontrées par la communauté financière pour trouver, le cas échéant avec les pouvoirs publics, les bonnes solutions.
Dès lors, notre mission, c’est de faire vivre le débat au sein de la communauté financière pour transmettre ensuite cette parole auprès de notre environnement.
Je veux remercier les membres actifs et bénévoles de la DFCG, en région, au sein du conseil d’administration, des groupes de travail, du bureau exécutif, qui permettent d’animer l’association et créer cet espace de débat source de performance pour tous.