Le dîner-débat organisé par la DFCG et son groupe Transformation digitale et Intelligence artificielle s’est déroulé le mardi 3 mars 2026 à la Maison des Polytechniciens, à Paris.
Portant sur le thème « Une IA concrète pour les directions financières », il a réuni une centaine de CFO d’entreprises.
Keynote 1 : Gouverner l’IA : anticiper les ruptures plutôt que les subir,
par Gilles Babinet, Multi-entrepreneur et Président de la Mission Café IA
Gilles Babinet a livré une analyse lucide des ruptures technologiques, économiques et organisationnelles à venir, appelant les entreprises à repenser en profondeur leurs processus pour tirer parti du potentiel de l’IA.

Entre fascination technologique et limites opérationnelles
En s’appuyant sur les récentes démonstrations de robots humanoïdes, Gilles Babinet a décrit les avancées spectaculaires de la mécatronique tout en relativisant l’autonomie réelle de ces systèmes. Les modèles d’IA actuels, encore entraînés majoritairement sur du texte ou des vidéos non stéréoscopiques, ne sont pas en mesure de piloter des robots polyvalents. L’écart entre perception médiatique et maturité fonctionnelle appelle à la prudence.
Le risque majeur : une concentration excessive du marché de l’IA
Gilles Babinet a alerté sur la menace d’une hyper-concentration des plateformes, exacerbée par les tensions géopolitiques et réglementaires. La récente mise à l’écart d’Anthropic aux États-Unis illustre selon lui un basculement dangereux, qui pourrait réduire le marché mondial à quelques acteurs dominants. Il appelle l’Europe à renforcer ses outils antitrust et à affirmer une stratégie industrielle cohérente.
Productivité : des effets réels mais encore peu visibles à l’échelle nationale
Si l’IA génère déjà des gains significatifs dans les entreprises, leur agrégation au niveau macroéconomique prendra du temps. Adaptation des compétences, allocation du capital et qualité de la régulation joueront un rôle déterminant. La régulation n’est pas un frein, c’est un moteur d’efficacité.
Directions financières : une transformation profonde des pratiques
Pour la fonction finance, l’enjeu principal n’est pas la disparition des métiers, mais leur mutation. L’IA permettra de gérer plus efficacement des domaines complexes – double matérialité, prix de transfert, comptabilité analytique – et d’améliorer la visibilité sur la supply chain et les risques internes. Les entreprises les plus exposées sont celles qui n’intégreront pas l’IA dans une refonte globale de leurs processus.
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