« A travers le label DAF TP de la DFCG, nous envoyons un signal de confiance au marché »

Entretien avec Jean-Pierre Marduel, DAF à temps partagé, labellisé DFCG

Le 18 juin dernier, la DFCG a accueilli huit candidats à la labellisation DAF TP de la DFCG. L’occasion, avec Jean-Pierre Marduel, DAF à temps partagé labellisé et président d’un des deux jurys, de revenir sur l’intérêt de cette labellisation et sur ses ressorts.

Jean-Pierre Marduel, pourquoi avoir créé ce label DFCG de DAF à temps partagé ?

Avant toute chose, ce projet a muri jusqu’à voir le jour en novembre 2017 à la veille de Financium, date à laquelle nous avons labellisé nos deux premiers candidats. Ce fut un test qui s’est avéré concluant. Nous avons donc poursuivi.

Mais pour revenir au cœur de votre question, quel est le concept ? Il faut d’abord préciser ce qu’est un DAF à temps partagé : il s’agit d’un professionnel qui, à titre d’activité libérale, met ses compétences au service d’entreprises pour les aider à gérer leur activité. Il s’agit d’une vraie opportunité pour elles, n’ayant pas les moyens d’employer un DAF expérimenté à temps plein. D’autant que les investisseurs en font souvent une condition de structuration financière pour sécuriser leur intervention.

Cela correspond en fait au mouvement de flexibilisation de l’emploi qui irrigue désormais notre économie mais aussi de démocratisation du métier devenu accessible à toutes les PME, même aux plus modestes.

En quoi ce label répond à un besoin ? Quelle est sa valeur ajoutée ?

Contrairement à certaines professions réglementées, l’exercice du métier de DAF TP est libre. N’importe qui peut donc s’autoproclamer DAF à temps partagé et proposer ses services en tant que tel. Compte tenu de la technicité de notre métier, il est difficile pour de nombreux dirigeants de savoir a priori discerner les qualités techniques et comportementales d’un prestataire.

Ce que nous proposons à travers ce label, c’est d’envoyer un signal de confiance au marché par un travail de vérification, a priori, des compétences techniques et comportementales du professionnel qui accepte de se soumettre à une forme d’examen d’aptitude par un jury composé de pairs et de chefs d’entreprises.

C’est extrêmement précieux et rassurant pour un chef d’entreprise mais également pour des investisseurs de pouvoir ainsi compter sur une appréciation objective et, qui plus est, qualifiée !

Cette attente du marché existe également vis-à-vis d’autres fonctions exerçant à temps partagé. Et ce système de labelllisation est particulièrement vigoureux dans les pays anglo-saxons. Nous n’inventons rien. Nous agissons dans l’intérêt de tous : entreprises clientes et professionnels compétents. Et qui de mieux que l’association des directeurs financiers qu’est la DFCG pour proposer cette labélisation ?

Justement, quels sont les points de vérification qui vous permettent de délivrer ou non ce label ? Autrement dit, quelles sont les compétences que vous pouvez ainsi mettre en avant ?

Le travail d’examen que nous menons est très sérieux : on ne devient pas DAF TP labellisé comme cela.

Un candidat au label doit remplir un dossier de candidature ce qui lui prendra une petite semaine de travail.

Ce dossier nous permet de faire le tour de ses compétences en particulier dans sept domaines essentiels : la gestion financière à long terme, la gestion du BFR et de la trésorerie, le contrôle de gestion, la comptabilité, la gestion administrative et juridique, la gestion sociale et RH et l’organisation.

Le candidat doit  relater une expérience en la restituant dans son contexte afin d’en décrire les enjeux dans chacun de ces sept domaines.

Il doit également, le cas échéant, relater son expérience en tant que DAF TP.

Enfin, de manière plus transversale, le candidat doit décrire trois réalisations remarquables de ce qu’il a pu accomplir en entreprise en indiquant les coordonnées des référents que nous pourrons joindre pour corroborer ses affirmations.

Ainsi complété, ce dossier est transmis au DAF labellisé désigné pour instruire la demande et qui échangera avec le candidat pour vérifier qu’il remplit les conditions minimales requises.

Une fois l’instruction achevée, le candidat passe devant un jury composé de trois professionnels : un DAF à temps partagé, un DAF exerçant en entreprise et un chef d’entreprise de PME ayant déjà fait appel à un DAF TP. C’est très important d’avoir le point de vue du client. Et si ce n’est pas un chef d’entreprise, ce peut être par exemple un membre d’un fonds d’investissement, ceux-ci étant prescripteurs de missions. Lors de cet entretien, nous vérifions notamment que le candidat est en capacité de trouver des missions, ce qui relève plus des softs skill.

De la sorte, nous organisons trois sessions par an : en mars, juin et novembre.

A quoi s’engage le DAF TP labellisé ?

Outre le processus que je viens de décrire, le candidat doit pour obtenir le label souscrire à une charte de déontologie aux termes de laquelle il s’engage à :

  • N’accepter un dossier que s’il en a la capacité et les compétences ;
  • Maintenir ses compétences de manière continue, notamment à travers la formation ;
  • Respecter la législation ;
  • Se soumettre à un devoir de confidentialité ;
  • Ne parler de la mission avec le dirigeant que si elle a été préalablement acceptée ;
  • Refuser des avantages et arrangements susceptibles de porter atteinte à son objectivité et son indépendance. Sont notamment bannis les accords avec des fournisseurs rémunérés par le biais de retro commissions.
  • Refuser les missions qui pourraient engendrer des conflits d’intérêts ;
  • Souscrire un contrat écrit avant d’entrer en fonction ;
  • Ne pas décider à la place du dirigeant, même si le DAF TP peut participer aux organes de direction ;
  • Souscrire une assurance RCP.

Sur ce dernier point, un contrat cadre a été négocié avec le cabinet Kheops auprès de MMA. C’est la seule police d’assurance du marché réellement adaptée à nos missions.

En cas de violation de cette charte, quelle est la sanction ?

La labélisation implique pour le candidat qu’il accepte par avance que les difficultés rencontrées soient soumises à la DFCG, ainsi que le jugement qui en ressort, celui-ci pouvant conduire jusqu’à l’exclusion du label voire de la DFCG.

Depuis 2 et demi, combien de professionnels avez-vous labélisés ?

Aujourd’hui nous sommes 17 DAF TP labélisés. Peut-être 25 d’ici quelques jours si nos 8 candidats du 18 juin l’obtiennent. Nous sommes en train d’en délibérer…

* *

Vous souhaitez entamer une procédure de labellisation : Rendez-vous sur la page DAF TP du site de la DFCG : https://www.dfcg.fr/les-groupes/groupe-daf-a-temps-partage/


Jean-Pierre Marduel a débuté sa carrière et forgé son expérience dans l’industrie automobile, en passant une dizaine d’années chez Forecia, en charge à tour de rôle de l’audit interne, du contrôle de gestion et informatique et des RH.

Avant d’intégrer une ETI – Zarges Tubesca – en tant que responsable du contrôle de gestion puis ensuite de la direction financière France et Espagne.

Entreprise qu’il quitte en 2011 et qui deviendra son premier client… Avant d’exercer comme DAF TP au service de PME industrielles et, aujourd’hui, plus axées dans les métiers du service.

Publié le 24 juin 2020.

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